Trip Sitter 2.0 : accompagnement à distance

Après avoir initié (sous un autre pseudo) certaines actions de réduction des risques sur les forums d’usagers de drogues (Psychonaut, Psychoactif) et les réseaux sociaux, telles que des alertes sanitaires* (produits frelatés) ou l’analyse de NPS à distance**, cette période de pandémie demande de nouvelles innovations.

Dans le contexte actuel, il est parfois plus compliqué pour les usagers de se rapprocher des structures classiques de prévention,  et comme la crise sanitaire risque de perdurer, internet peut être un moyen de garder le lien.

De plus, certaines personnes ne se sentent pas particulièrement à l’aise avec des intervenants institutionnels. L’entraide par les pairs est une alternative qui a fait ses preuves depuis des années, que ce soit avec des associations d’auto-support comme ASUD, ou des groupes tels que Narcotiques Anonymes.

Cependant, en ce qui concerne la réduction des risques ou la prévention en rapport avec les usagers de substances psychédéliques (LSD, champignons hallucinogènes, 2-CB, etc.) il existe un grand vide. Certes, certaines associations qui font de la prévention en milieu festif (comme Techno Plus), peuvent se retrouver à gérer des bad trips, mais peu de chose est fait dans les pays francophones pour ce type d’usagers.

Il faut dire que souvent, les structures qui travaillent avec les usagers de drogue se concentrent sur les problèmes liés aux addictions. Cependant, les psychédéliques induisent rarement une dépendance, en tous cas pas physique. Il n’existe donc pas de traitement de substitution. Néanmoins, les risques psychologiques liés à ces substances sont bien réels : crise d’angoisse, syndrome de stress post-traumatique, décompensation, déréalisation, dépersonnalisation, syndrome post hallucinatoire persistant (HPPD en anglais) …et peuvent arriver après une seule prise (ou après 50, il n’y a pas de règle).

Plusieurs précautions doivent être prises avant de prendre une drogue psychédélique , ce qu’on appelle en anglais le “set and setting” : le lieu et les gens avec qui on consomme, l’état d’esprit dans lequel on consomme. Un conseil est parfois minimisé ou prit à la légère: celui d’avoir un accompagnateur (ou trip sitter). Ce dernier doit être sobre, de préférence être expérimenté lui même avec ce type de substances (pour savoir ce que peut ressentir la personne), et savoir comment rassurer en cas de besoin. Ça doit être une présence bienveillante et légère, qui ne s’impose pas.

Beaucoup de gens qui s’apprêtent à sauter le pas d’une première expérimentation ne savent souvent pas vers qui se tourner : soit leurs amis voudront consommer avec eux, soit ils ne connaissent rien à ces produits et risquent de les juger ou de mal comprendre leurs besoins. C’est donc parfois seuls que ces derniers font leur initiation.

Je souhaite apporter ici une autre possibilité : être suivi par quelqu’un de neutre mais bienveillant, expérimenté*** et compétent, patient et discret. J’ai souvent été amené à être ce “gardien”, auprès d’amis ou de connaissances, souvent par inadvertance. Par exemple, comme cette fois où en plein repas de famille, j’ai reçu ce coup de fil d’un voisin, parti quelques jours plus tôt à un “séminaire chamanique” d’une semaine avec prise d’ayahuasca. Il avait quitté la cérémonie, complétement paniqué et marchait dans la forêt à moitié nu. Je me suis excusé auprès de ma famille et je me suis isolé dans une pièce voisine pour me concentrer sur l’appel. Je savais que le moment était délicat et crucial, et je pouvais ressentir la peur, palpable jusque dans mes tripes. J’ai pris ma voix la plus assurée et j’ai commencé un travail de réassurance à distance. Au bout de 20 minutes, il était beaucoup plus calme et a pu rejoindre les autres participants. Nous avons souvent reparlé de ce moment et il est convaincu que sans mon intervention, les choses auraient pu mal tourner.

Tard le soir, il est aussi arrivé que des amis en plein bad trip suite à la prise de cannabis trop fort ou trop dosé, passent me voir pour obtenir une aide. Et le bouche à oreille faisant, ces situations se sont multipliées. J’ai bien sûr aussi été sollicité lors de mes interventions en milieu festif.

Vous ne me connaissez pas, mais vous pouvez découvrir mon implication dans l’aide aux usagers au travers de mes articles et publications**** Je suis aussi présent sur les forums francophones (avec le même pseudo), en particulier Psychonaut.fr et Psychoactif.org.

Même si “tout travail mérite salaire”, le manque de moyens ne doit pas être un frein. Tout comme les “rebouteux” à une époque, ou les free party plus récemment, le principe du don selon ses possibilités me semble le plus adapté. C’est pour cette raison que je prendrais le temps d’échanger avec vous pour trouver une solution qui convienne à chacun. Si je ne peux pas être bénévole dans ce cadre, je reste ouvert car je sais ce que signifie la précarité. N’hésitez donc pas à me solliciter par mail (voir dans “à propos”) ou message privé sur les forums pour toute question et/ ou demande particulière.

Je précise tout de même que je ne fais pas de “conseil produit”. Je peux donner des informations sur les interactions ou les effets secondaires de telle ou telle substance, mais je n’incite pas à la prise de psychotropes, quels qu’ils soient.

Je propose aussi un accompagnement personnalisé pour tout type de sevrage (tabac, benzodiazépine, etc.). Il ne s’agit pas de remplacer un suivi médicalisé, juste d’une aide régulière (voir quotidienne) qui peut permettre de “ne pas craquer”. Pouvoir contacter un pair en cas de coup de dur, si on se sent faible, sans être jugé peut faire la différence dans toute démarche d’arrêt, quelle que soit la substance. Ayant traversé des moments semblables, je sais ce qu’on ressent dans ces moments là.

Vu la nature particulière des services que je propose, les dons en bitcoins ou en recharges PCS sont privilégiés. Je n’accepte aucune donation en nature !

Avec la pandémie, pour l’instant il sera compliqué de proposer un accompagnement IRL, mais je ne désespère pas que ça puisse se faire à l’avenir. Je propose donc d’utiliser Skype, mais d’autres alternatives sont envisageables.

* –>  https://www.psychoactif.org/forum/viewtopic.php?id=21648  /  ou encore https://www.psychoactif.org/forum/t9214-p1-ATTENTION-6-APB-erreur-etiquetage.html / un autre exemple : https://www.psychoactif.org/forum/viewtopic.php?id=15628

**–> https://www.psychonaut.fr/Thread-Analyses-et-puret%C3%A9-des-RC-s / ou ceci : https://www.psychoactif.org/forum/t10185-p1-fausse-MDAI-circulation.html

***–> Je suis moi-même passé par des états compliqués suite à la prise d’un psychédélique puissant : l’ayahuasca. Cette expérience m’a conduit à m’impliquer d’avantage dans la réduction des risques. Voici un lien qui raconte ce que j’ai vécu : http://www.asud.org/2017/12/28/un-traumatisme-durable/

****–> http://www.asud.org/2014/02/15/2c-p-25i-25c-mxe-les-nouvelles-arnaques-aux-hallucinogenes/ et un des flyers sur les NPS que j’ai fais pour T+ :  https://technoplus.org/rc-nps/